Un nid de frelons asiatiques à la Réserve du Brun Chêne

C’est Jean-Pierre D qui le premier a aperçu la grosse sphère accrochée en haut d’un saule, en face du bel oiseau de paradis tagué sur un béton qui retenait autrefois un stock de « petits cailloux », au temps de la carrière.

Que faire ?  Le SPW n’a pas de solution rapide.  Les pompiers, débordés, interviennent en urgence uniquement si le nid est proche d’une habitation.  Vincent Swinnen (Natagora) suggère de contacter une société privée, spécialisée dans ce type d’opération et nous donne quelques noms, dont Solu Guêpes et deux autres sociétés actives dans la région de Charleroi.

Une dame qui fréquente régulièrement la Réserve me signale il y a deux jours que le nid est très actif … il n’y a pas de temps à perdre.  Aucune solution rapide du côté de la DNF, ni de la Ville, qui me conseille également de faire appel à une société privée. 

Pas d’hésitation, je contacte Solu Guêpes (soluguepes.besoluguepes@gmail.com – 0479/103263) qui me propose de venir s’occuper du nid ce dimanche … ouf ! Et pour un prix démocratique !

Solu Guêpes est sur place à 9h45.  Le nid n’est pas trop haut, la perche suffira pour y injecter à plusieurs endroits une bonne dose de perméthrine, un insecticide dérivé du pyrèthre.  Le nid semble inactif ce matin.  Bizarre, seul un frelon s’en échappe sous l’effet du produit.  Le gars me dit que d’habitude c’est le sauve-qui-peut, les insectes affolés s’en vont dans tous les sens. 

Un trou béant dans le bas du nid nous fait émettre l’hypothèse qu’un prédateur est passé par là, sans doute la Bondrée apivore, un rapace présent sur le site – nous avons déjà eu l’occasion d’entendre ses « pleeelu » aigus – Voilà une manière très naturelle de se débarrasser de cet invasif qui s’attaque aux autres insectes, en particulier les Hyménoptères mais aussi les Syrphidés.

En m’informant plus avant j’apprends que les Mésanges elles aussi contribuent à lutter contre ce fléau en s’introduisant par les ouvertures des nids pour y prélever les larves.  Elles ne s’attaquent cependant pas aux adultes …

Nous restons un bon moment à observer le nid, rien ne se passe … le monsieur me conseille de le surveiller, surtout vers la fin de la semaine prochaine, et de ne pas hésiter à le recontacter, son intervention étant garantie (ce qui n’est pas courant dans le métier …). 

Bien qu’il travaille depuis 6 ans à lutter contre les Hyménoptères envahissant, il admire leur talent d’ingénieurs construisant des spirales d’alvéoles hexagonales, esthétiques et fonctionnelles, il me montre l’intérieur d’une sphère décrochée cette semaine chez un particulier.  Les photos sont éloquentes !

Restons donc vigilants … toutes les observations sont les bienvenues !!!

Eveline KIEVITS

Co-conservateur

En savoir plus sur le Frelon asiatique ?

http://biodiversite.wallonie.be/fr/le-frelon-asiatique

Inventaire des Longicornes à la Réserve du Brun Chêne

Relevés réalisés les 7 mai, 26 juin et 30 juillet 2022

Notre rendez-vous de ce samedi était le dernier des 3 relevés de ces Coléoptères aux longues antennes pour la plupart, d’où le nom de leur groupe. 

Ces insectes, de la famille des Cerambycidae, sont les acteurs majeurs d’un processus essentiel et complexe, la « saproxylation », c’est à dire qu’ils participent au processus de dégradation du bois mort (ou mourant).  Ce sont d’excellents bio-indicateurs, témoins de la qualité du fonctionnement d’un écosystème.  Nous participions ainsi à un recensement organisé par Natagora dans leurs Réserves Naturelles.

Principal outil d’identification : la brochure « LES LONGICORNES » de Sébastien Renson (CNB).

Le 7/05 nous en avons repéré 3 espèces :

  • Grammoptera ruficornis = le Grammoptère à antennes rousses
  • Tetrops praestus = le Tétrops brûlé
  • Agapanthia cardui = l’Agapanthie du chardon

Le 26/06 nous avons eu le plaisir d’en découvrir 7 espèces !

  • Agapanthia violacea = l’Agapanthie violette
  • Opsilia coerulescens = la Phytoécie bleuätre
  • Agapanthia cardui = l’Agapanthie du chardon (cf le 7/05)
  • Stenurella melanura = la Lepture à suture noire
  • Paracorymbia fulva = la Lepture fauve
  • Rutpela maculata = la Lepture tachetée
  • Tetrops praestus = le Tétrops brûlé (cf le 7/05)

Le 30/07 … malgré tous nos efforts, aucun Longicorne observé.  La sécheresse en cause ?

D’autres insectes par contre se sont laissé capturer dans nos filets ou parapluie « japonais » (à toile blanche pour bien les détecter).

Parmi ceux-ci :

  • un joli Elaphrus cupreus (Elaphre cuivré), le 7/05, petit Carabidé moucheté
  • Heliophanus : une mignonne araignée brillante à 9 points déprimés dans l’abdomen, une ligne verdâtre entre thorax et abdomen.
  • Stenoria analis : un photogénique Coléoptère de la famille des Méloïdés, à l’abdomen d’un orange vif
  • Ectophasia crassipennis : une très très jolie « mouche » (si si !) aux grands yeux fauves …
  • De nombreuses Punaises (vrais petits bijoux), des Oedémères, des Cercopes, Taupins, … et papillons (Azurés, Cuivrés, Demi-deuil, …).

Deux galles intéressantes aussi :

  • Diplolepis eglanteriae, petite sphère rougeâtre sur feuille d’Eglantier.
  • Andricus foecundatrix, en forme de mini pomme de pin, sur rameau de Chêne.

Près des points d’eau persistants : quelques Alytes accoucheurs tapis à l’ombre sous abri et un peu plus loin, un sonore ballet plongeant de grenouilles vertes … plouf, plouf et replouf.

Un « bruit rafraichissant » à la fin d’une journée de prospection chaude et sèche !

Les photos de nos découvertes se trouvent sur observations.be. Dans l’onglet Explorer – Sites : tapez Brun Chêne et cliquez sur Brun Chêne (réserve naturelle). Ensuite, dans l’onglet Photos, indiquez successivement une des 3 dates des relevés : 2022-05-07 / 2022–06-26 / 2022-07-30.

Un tout grand merci à Guillaume, Julien, François, Andrée, Bernadette et Philippe G. pour le joli boulot de détection, de photographie et d’encodage sur observations.be de toutes ces petites merveilles de la nature !

Eveline et Jean-Pierre Conservateurs

Agapanthia violacea Ruptela maculata Stenurela melanura

Parcours littéraire et photographique Yvan DELACROIX

« Yvan Delacroix – Fragments de parcours »

Parcours littéraire et photographique

Réserve Naturelle du Brun Chêne à Mont-sur-Marchienne

Au printemps 2021, pendant la pandémie du coronavirus, des membres des Ateliers d’écriture du samedi organisés par la Bibliothèque Alfred Langlois de l’Université du Travail ont décidé de se réunir en extérieur. Ils se sont ainsi retrouvés pour écrire dans la Réserve naturelle du Brun Chêne avec leur animatrice Céline Lefèbvre de la Compagnie de la Bête Curieuse.

La consigne donnée aux participant.e.s était de choisir un endroit de la Réserve, d’y faire vivre chacun le même personnage en insérant dans le récit créé un élément d’écriture pioché au hasard. Ce travail d’écriture a ainsi donné naissance à une série de textes individuels autour du personnage commun, Yvan Delacroix, en autant de facettes de la vie d’un individu que chacun de nous pourrait connaître.

Que faire de ces textes liés à ce lieu qui les a vu éclore ?

Bénédicte Rasseaux, de la Bibliothèque Langlois a coordonné la mise en œuvre de la suite donnée : auditivement, visuellement et matériellement sur le site.

L’idée a été de baliser les stations d’écriture dans la RNBC au moyen d’un code QR donnant accès pour chacune à un enregistrement et une photographie.

Les textes lus par les auteurs ont donc été enregistrés vocalement : voilà pour la partie audio.

En parallèle, quelques élèves de l’Atelier de Photographie de Marie-Noëlle Dailly, professeure à l’Académie des Beaux Arts Alphonse Darville de Charleroi ont été invités à mettre les textes en images ! Sans les illustrer au premier degré, avec une liberté visuelle totale lors des prises de vues dans la Réserve.

Tout cela avec l’assentiment du Comité de Gestion de la RNBC, car ce projet s’intègre en toute discrétion dans cet endroit où la nature se déploie à son rythme.

Résultat : une balade qui s’organise en 9 étapes marquées de codes QR gravés sur ardoises (merci au FabLab de l’A6K), les 9 lieux différents où se sont postés les écrivain.e.s, ayant reçu une consigne particulière. Le public pourra y scanner les QR codes qui donneront accès aux enregistrements sonores (durée des textes : entre 1min20 et 4 min), chaque piste audio étant identifiée par un cliché d’un élève de l’Atelier de Photographie de l’Académie des Beaux Arts de Charleroi.

Un beau travail, fruit d’une complicité entre divers acteurs culturels carolorégiens et installé pour les visiteurs d’un beau site naturel de l’entité de Charleroi !

Infos rassemblées par JPC – Juin 2022

Matinée de maintenance du dimanche 3 avril 2022

Gestion-chantier à la RNBC – ce dimanche 03/04/2022

Bingo ! Le projet de belvédère a repris des couleurs … avec la visite, jeudi 24 mars d’Emilien et Thibault de Charleroi Nature (Chana). Nous étions 4 du Comité de gestion à les recevoir.  Après observation approfondie des lieux et vaste brainstorming, décision fut prise de modifier quelque peu la montée et de mettre le paquet sur les ressources naturelles de l’endroit pour sécuriser celui-ci, avec notamment des haies vives et des haies sèches, sorte de « gabions » de bois.

Il fait bien frais ce dimanche matin … mais très beau ! Nous nous rassemblons donc au soleil pour expliquer le plan d’attaque du chantier « belvédère ». 

Vu notre nombre (12), nous décidons de nous partager, dans un premier temps, entre le dégagement du sentier d’accès au futur point de vue (les 7 dames …) et la finalisation de l’aménagement de l’entrée au bas de la rue Bois du Curé.

Une équipe va y empiler des bois derrière le grillage métallique malmené par une intrusion et menacé de basculement complet … Le grand saule tombé lors de la tempête Eunice va fournir l’essentiel des branches à entasser, il ne faudra pas beaucoup tronçonner. Etienne avait à l’avance solidarisé le piquet métallique penché par un solide plat métallique bien vissé dans la bille de chemin de fer la plus proche.

Tout le monde finit par se retrouver au pied du futur belvédère.  Deux heures intenses à piocher – ratisser – pelleter … Les barres à mines prêtées par Jean-Pierre D sont bien pratiques pour déloger de gros cailloux calcaires qui s’en vont border le bas de la montée, dûment égalisée par l’apport des terres que les piocheurs font descendre.  Lors du dégagement de la pente, une barre rocheuse relativement friable apparait, dommage. Le sentier devra-t-il la contourner par la gauche en terrain est plus meuble ? Nous verrons cela à la prochaine gestion.

Pendant ce temps une petite équipe dégage la partie supérieure et fait un sort aux cotonéasters et arbustes mal placés sur la future plateforme d’observation.

Le résultat est à la hauteur de nos efforts, les photos parlent d’elles-mêmes, admirez cette belle ébauche de sentier presque montagnard . Quant aux haies, elles attendront la Sainte Catherine pour être plantées.

A la mi-journée et après tous ces efforts, il est temps de redescendre nous abreuver de jus de pommes et de thé !

Un tout grand merci à chacun.e pour ces intenses heures d’activité et de belle humeur !!!

Eveline K et Jean-Pierre C – conservateurs

Prochaine séance gestion-chantier le dimanche 1er mai (eh oui, c’est la fête du travail !) – entre 9h30 et 12h30.

Matinée de maintenance du dimanche 6 mars 2022

Reprise des gestions à la RNBC – ce dimanche 6/03/2022

22 ! Nous étions 22 pour la reprise (enfin !) de nos activités de gestion à la Réserve ! La drache nationale nous avait empêchés par deux fois de nous retrouver, en décembre et en février.  Mais le franc soleil de ce début mars nous a offert une lumineuse et fructueuse matinée.

Belle occasion d’accueillir le Président de notre Régionale Natagora ainsi que 3 nouveaux volontaires remplis de bonne énergie  !

Vu notre nombre, nous nous sommes répartis un peu partout sur les 16,5 ha, du sud au nord … égalisation du chemin courbe d’accès côté Pont-à-Nôle, ratissage de l’espace sous le viaduc, les gros sacs de déchets, de ciment … et la toilette de chantier ayant enfin disparu.

Sur l’esplanade sud, une belle équipe s’est acharnée sur les nombreux buddléias et les conifères qui s’étaient insidieusement faufilés entre et sous saules et bouleaux … pioches et ébranchoirs n’ont guère chômé !

Quatre Vttistes indélicats se font interpeller … à plusieurs reprises : ils refusent d’admettre l’interdiction des vélos sur toute l’étendue de la Réserve.  Pas sympas et peu respectueux …

Notre tracteur a vaillamment rehaussé la berme qui permet de traverser la mare derrière les fours à chaux et celle qui longe la grande roselière, fort ravinée par les récentes intempéries …

Le niveau des mares est déjà redescendu, la météo s’étant mise au sec depuis plusieurs jours.  De quoi permettre à une petite équipe munie de bottes d’aller faire un sort aux ligneux qui envahissent la roselière et risquent de l’assécher … Un grand saule est laissé en place, il servira de perchoir à nos petites Rousserolles (et peut-être à quelques Bruants ?)

Au nord, près de la sortie vers la rue Bois du Curé, c’est un tout grand saule qui s’est abattu sur le sentier suite à la tempête Eunice. Trois tronçonneuses dégageront les chemins en 2 endroits.

Toujours pas de trace de pontes, les gelées nocturnes appuyées dissuadent encore crapauds et grenouilles d’entamer leur campagne de reproduction …

L’escalier dans le versant nord est soigneusement déblayé des petits éboulis et feuilles mortes, au grand plaisir des promeneurs, qui remercient en passant.

Nous remplissons deux sacs poubelle de déchets divers, surtout ramassés devant le talus mais aussi dans la réserve …

Avril et mai nous promettent des moments intenses et intéressants : début d’un inventaire des Longicornes, qui va s’étendre sur toute la bonne saison, journée « Réserves ouvertes » Natagora – date encore à préciser, 21 ou bien 22 mai, reprise de l’aménagement du futur belvédère, …

Nous n’avions quand même pas chômé cet hiver : quelques membres du Comité de Gestion ont en effet sécurisé les deux entrées pédestres de la Réserve (détails et photos plus avant sur le site).  Coraline Lafourt a également réalisé un inventaire minutieux (et fructueux !) des chauve-souris présentes sur le site.

On se retrouve un peu passé midi autour d’un verre de jus de pommes/poires 100% nature … le frimas du matin est bien oublié, on a laissé tomber vestes et bonnet et on papote ferme de nos travaux et projets !

Un tout grand merci à chacun.e pour ces belles heures d’activité et d’amitié !!!

Eveline K et Jean-Pierre C – conservateurs

Et ce n’est pas fini !!! Nous vous invitons le dimanche 3 avril prochain à une nouvelle séance sportive et conviviale !

Aménagement des deux entrées – Janvier 2022

Les 16 & 22 janvier 2022 : aménagements des 2 entrées de la RNBC

En 2021, des engins motorisés se sont « baladés illégalement » dans la réserve. Il était nécessaire d’adapter les 2 entrées du site pour éviter cela.

Etienne D. (président du Comité de Gestion) et Jean-Pierre D. (trésorier de l’asbl Val d’Heure) ont pris « le taureau par les cornes » pour finaliser ces travaux. Avec chaque fois l’aide précieuse de plusieurs membres actifs régulièrement présents aux gestions : Julien, Guillaume, Michel, François, … sans oublier 4 Scouts Ainés de la troupe de MsM Centre. Merci à tous !

Le dimanche 16 janvier, c’est au pied de la rue Bois du Curé que nous oeuvrons dès 9h30. D’abord creuser une tranchée d’une soixantaine de cm de profondeur à l’endroit le plus étroit du sentier, entre une solide clôture et un érable bien enraciné. Ce sont les Scouts qui entament le sol pendant que d’autres tronçonnent quatre billes de chemin de fer à bonnes dimensions. Par ailleurs, une bonne trentaine de sacs de béton préparé sont acheminés au pied du Bois du Curé. Heureusement, le sol est assez meuble et la tranchée sera assez rapidement creusée et les 4 billes bien plantées. C’est un peu plus de 800 kg de béton qui rempliront la cavité pour constituer un seul socle bien lourd emprisonnant les 4 bases en bois.

Le samedi 22 janvier, au Pont-à-Nôle, c’est sous le viaduc du R3 que nous poursuivons la sécurisation du site.

Nous avions placé là des grosses pierres en chicane à l’entrée de la rampe d’accès. But : permettre le passage des piétons tout en barrant l’entrée aux engins, notamment motorisés.

Hélas, nos « gros cailloux » ont été de nombreuses fois déplacés. Il fallait passer à un plus gros calibre. Cela a été possible avec l’aide d’un riverain équipé d’une costaude pelleteuse de chantier.

Au préalable et pour gagner du temps, avec JP D. et Julien, nous avions été repérer de grosses pierres potentiellement transportables sur le site.

En 2 heures, le tour était joué. A l’aide de sangles arrimées au bac de la pelleteuse, une demi-douzaine de très gros blocs calcaires sont posés en chicane à l’entrée du site, à droite du panneau de départ des promenades de la Maison du Tourisme.

Plusieurs retours sur le site suivront pout déplacer d’autres pierres qui viendront renforcer la base du talus à divers endroits, autant d’obstacles à tout engin motorisé. Un grand merci à Albin pour nous avoir prêté ses compétences de conducteur d’engin de chantier : manipuler des blocs de l’ordre de la tonne presque comme « un carré de sucre » ! Bravo !

JPC-20220126