Observation des mines et galles le 29 août 2026 – RNBC

Nous sommes une quinzaine pour suivre avec intérêt Jeremy Jaegers, Président des Naturalistes de Charleroi, à la découverte des Galles et Mines d’insectes sur les végétaux de la réserve, réserve encore archi-sèche ! Nous sommes désolés de relever plusieurs endroits de feux allumés volontairement dont un assez étendu dans la roselière principale, nous n’y entendrons plus la rousserolle qui s’était pourtant bien manifestée le 9 août.

Sous le viaduc du R3, notre guide commence par nous donner un peu de théorie.

Une galle (ou cécidie) est une excroissance anormale de tissus végétaux qui se forme sur les feuilles, les tiges, les bourgeons, les fleurs ou les racines d’une plante. Elle est déclenchée par l’intrusion ou l’attaque d’un organisme parasite (le plus souvent des insectes ou des acariens, mais parfois aussi des champignons, des bactéries ou des nématodes). En piquant la plante ou en y déposant des œufs et des substances actives, le parasite force génétiquement le végétal à modifier sa croissance, la plante réagit en fabriquant une « loge » protectrice et nutritive autour du parasite.

Une mine sur végétal désigne généralement une galerie creusée à l’intérieur d’une feuille par la larve d’un insecte parasite (comme une petite mouche ou un papillon), qu’on appelle un insecte mineur ou mineuse. La larve se nourrit des tissus internes de la feuille en naviguant entre les deux faces de l’épiderme, ce qui laisse des traces sinueuses, des taches blanches ou des tunnels transparents caractéristiques.

Nous avons pour consigne de rechercher ces galles et mines sur les plantes indigènes, pas sur les buddleia, cotoneaster, solidage du Canada qui sont des végétaux introduits auxquels nos insectes locaux ne portent que peu d’intérêt.

Voici quelques trouvailles assez spectaculaires :

  1. sur feuille de ronce : une mine très commune en un long couloir élargi à chaque mue de l’insecte, entre 2 nervures secondaires plus coriaces, Stigmella aurella
  2. sur feuille de frêne : un autre type de mine, en tache aux formes arrondies, trace laissée par la larve d’un micro-lépidoptère, Gavillaria siringella
  3. en bout de rameau de saule, la rose des saules, un ensemble de plusieurs dizaine de feuilles raccourcies et ramassées en rosette due à la ponte d’un petit diptère Rhabdophaga rosaria
  4. sur la feuille de l’érable sycomore, une petite boule au revers due à l’action d’un petit hyménoptère, Pediaspis aceris
  5. sur feuille d’aulne, une série de petits trous de 4-5 mm de diamètre dus à un autre microlépidoptère Incurvaria pectinea
  6. plus rare, sur centaurée, une galle de feuilles déformées en une sorte de petit palmier due à un acarien, Aceria grandis (la galle du site selon notre guide !)
  7. sur églantier, un beau bédéguar, la galle la plus étudiée, due au départ à une sorte de petite guêpe, Diplolepis rosae, suivie ensuite par d’autres arthropodes qui ne savent pas induire ces tumeurs végétales mais qui savent profiter au maximum de celles existantes
  8. dans la tige du phragmite aux entre-noeuds télescopés, se loge la larve d’une mouche Lipara lucens qui s’entoure d’une chambre lignifiée dont elle pourra sortir grâce à un champignon dévoreur de lignine dont les spores auront été introduites lors de la ponte initiale
  9. sur feuille de saules, des protubérances rougeâtres due à Pontania proxima, insecte de la famille des tenthrèdes
  10. sur feuille de noisetier, une très belle mine argentée reconnaissable entre mille, mine épidermique sur la face supérieure due à Phyllonorycter coryli, un micro-lépidoptère de nuit
  11. à l’angle de 2 nervures sur feuille d’érable champêtre, une galle en forme de grosse verrue due à un acarien, Aceria macrochela
  12. un renflement allongé sur tige de ronce à l’intérieur de laquelle peut se trouver une dizaine de larves d’une petite guêpe Diastrophus rubi
  13. sur feuille de ronce, des petites taches jaunâtres dues à une rouille, un champignon nommé Kuehneola uredinis qui va jusqu’à trouer la feuille de part en part

La liste complète des observations faites lors de cette sortie atteindra une bonne trentaine de galles et mines, toutes postées sur le site observations.be.

La Réserve Naturelle du Brun Chêne s’enrichit ainsi d’années en années pour atteindre plus de 1189 espèces enregistrées au moment de rédiger ce petit résumé.

Impressionnant !

Une belle journée, un très grand bravo à Jeremy pour ses connaissances et sa simplicité à les partager à notre petite troupe admirative.

Textes et photos : EK & JPC

Dimanche 9 août : 2ème recensement des coccinelles

Deuxième recensement de ces « bêtes à Bon Dieu » à la demande de Natagora, nous sommes 10 volontaires sous un soleil voilé (avec quelques gouttes même) dans une réserve archi-sèche ! Il ne pleut quasi plus depuis des semaines, les records de 1976 sont dépassés … !

Equipés comme le 24 mai (voir le compte-rendu sur le site internet), nous décidons de commencer par le bout de la réserve tout au nord. Nous y trouvons un grand saule couché par le dernier tourbillon de vents violents du printemps, son tronc croqué affalé dans cet étang situé le long de la ligne 132. L’eau est disparue mais de la vase subsiste, nous décidons d’y replacer la bande jaune et noire signalant qu’il ne faut pas aller s’y « promener ».

A cet endroit, nous sommes près du roncier non visité lors de la première recherche de coccinelles, on n’y trouve rien. François nous rejoint avec une coccinelle à 14 points (Calvia 14-guttata – imago) trouvée dans les arbres sur le circuit jaune. Cette Calvia 14-guttata une vedette car nous en collecterons une quinzaine d’individus pendant le reste de l’après-midi !

Philippe trouve un orvet bien caché à l’abri sous l’écorce d’un tronc de bois mort.

Ensuite, nous revenons dans le long chemin longeant la ligne 132, c’est là que nos recherches seront plus fructueuses.

Plusieurs espèces de coccinelles seront observées : une Calvia à 10 points (Calvia 10-guttata), un individu à 7 points (Coccinella 7-punctata), beaucoup d’autres à 14 points (Calvia 14-guttata – imago et larve), une coccinelle à 16 points (Halyzia 16-guttata), la petite coccinelle orangée à 12 points (Vibidia 12-guttata) et plusieurs coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis). Pour terminer, nous capturons la trouvaille de la sortie, la coccinelle des saules assez rare (Chilocorus renipustulatus). Au total, ce sera donc 7 espèces de coccinelles que nous aurons identifiées et enregistrées sur observations.be, résultat satisfaisant vu la sécheresse partout durant cet été 2026.

Pendant notre balade dans la Réserve nous observerons bien d’autres petits animaux encore : en plus de l’orvet, des criquets à ailes bleues, une punaise arlequin, un cigarier, une argyope fasciée, un collier de corail, un conocéphale, l’hélice cerise, une malachie rousse, une étrange larve se baladant cachée sous un amas de débris végétaux en guise de camouflage, de nombreuses araignées, punaises et opilions également, …

Sans oublier la rousserolle effarvatte qui chantera encore un peu dans la grande roselière pour nous saluer sur notre retour.

En résumé, une seconde belle séance d’entomologie, plutôt studieuse et très agréable dans une réserve archi-sèche … et sans archiduchesse 🙂

Rapporteur : JPC

Matinée de maintenance du 7 juin 2026

Matinée douce et ensoleillée, cadeau de la météo pour cette dernière séance avant la trêve estivale. Les mares sont bien en eau après les pluies de ces derniers jours. Super pour les amphibiens !

Petit briefing habituel, nouvelles de nos premiers relevés « coccinelles », 7 espèces dont quelques unes pas si fréquentes. Et de la rédaction de notre plan de gestion, qui sera bientôt soumis aux avis du Comité de gestion.

Allez on s’y met, treize paires de bras pour que la Réserve puisse passer un bel été :

  • Nettoyage devant le talus (ah ces déchets … !)
  • Arrachage de petits ligneux dans les grandes gravières, au-delà des roselières. Le terrain doit rester bien ouvert pour accueillir criquets, calamites et libellules, pour qu’ils puissent se dorer au soleil ou … chasser !
  • Arrachage ou coupe à la base d’une bonne série de peupliers américains … ils sentent bon (peupliers dits « baumiers » mais sont terriblement envahissant car ils émettent de longs rhizomes …).
  • Coupe de ronces. Bien qu’indigènes et porteuses de délicieuses mûres, elles s’invitent un peu trop en certains endroits …
  • Suite de l’arrachage de calamagrostis sur l’esplanade au-delà de la roselière est. Energiques coups de pioche et vigoureux ratissage à la fourche courbe. Une sacrée touffe laisse place à un sol vierge, juste à côté du panneau « rousserolle », notre petit oiseau emblématique, dont le chant un peu grinçant se fait enfin entendre.
  • Après une minutieuse observation d’une zone précédemment « nettoyée » , l’équipe y fait une « repasse » : quelques repousses de cette graminée sont enlevées manuellement, laissant plusieurs herbacées libres de fleurir !
  • Gestion de quelques invasifs derrière les grands fours à chaux et observation des allées et venues du faucon crécerelle, bien présent cette année !

Un peu avant midi on range gants et outils pour s’en aller chez Etienne et Véronique, qui nous accueillent depuis quelques années pour un délicieux et convivial barbecue dans leur jardin.

Encore un tout grand merci à vous deux !

Merci aussi aux courageux cuiseurs et à tous ceux et celles qui nous ont gratifié de goûteuses salades et merveilleux tartes et gâteau !!! On s’est vraiment régalés … on a papoté, échangé et ri jusque bien tard dans l’après-midi, en plus la météo est restée sèche, juste un peu venteuse.

Excellentes vacances à tou.te.s et …

Eveline et Jean-Pierre, joyeux conservateurs !

Rendez-vous le dimanche 4 octobre pour une première gestion automnale.

Prenez grand soin de vous !

Dimanche 24 mai : recensement des coccinelles

Premier recensement de ces « bêtes à Bon Dieu » à la demande de Natagora, nous sommes 10 volontaires sous un soleil très très présent. Equipés de chapeau et de réserve d’eau mais aussi de livrets d’identification, de loupes, de smartphones, d’appareils photo, … bref, tout ce qui est nécessaire dont filets fauchoirs, parapluie japonais, parapluie tout court, petits flacons transparents, boites de Petri en plastique remplies d’un doux matelas de papier absorbant pour « coincer » les petites animaux turbulents, …

Sur l’esplanade, entre les 2 sites de fours à chaux nous trouvons une coccinelle à 16 points (Halyzia 16-guttata), nous faisons une pause autour de la trouvaille pour ouvrir nos clés d’identification, pour faire des clichés de la Belle dont certains seront postés sur observation.be (site à visionner !). Identification rapidement confirmée : l’animal vient s’ajouter à plus de 1100 espèces déjà encodées pour le site du Brun Chêne. Les filets récoltent de nombreuses araignées, des chrysomèles du saule à divers stades, un hétéroptère noir, le petit Coptosome globuleux, des chenilles arpenteuses, des punaises, etc.

Par la suite, plusieurs espèces de coccinelles seront observées : une à 7 points (Coccinella 7-punctata), une à 14 points (Calvia 14-guttata – imago et larve), la petite coccinelle orangée à 12 points (Vibidia 12-guttata), une espèce d’une sous-famille, la Rhyzobius chrysomeloïdes, plusieurs coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis), et une Calvia à 10 points (Calvia 10-guttata).

Au total, lors de cette sortie au Brun Chêne, nous aurons identifié 7 espèces de coccinelles. Cela parait peu mais au final c’est très prometteur au vu de ce que nous avions relevé (7 aussi) lors de la séance de formation avec Adrien Sevrin à la réserve du Baquet non loin de Givet le 25 avril où 3 volontaires de MsM étaient présents.

Pendant notre balade dans la Réserve nous observerons bien d’autres choses encore : un petit papillon Argus vert, un Alyte au chant, des têtards de crapaud Calamite, une grande sauterelle verte, un Tétrix des vasières, des épervières orangées, un Macaon, … Avant de quitter le lieux, un beau spécimen de papillon de nuit adulte, une Grande queue fourchue (Cerura vinula) posée au soleil se laissera observer à notre guise sans broncher.

Une belle après-midi dans une excellente ambiance dans une Réserve bien au calme malgré la présence de nombreux visiteurs dans le site pourtant privé du Rocher Lombot de l’autre côté de la rue du Pont-à-Nôle !!!

Rapporteur : JP

Matinée de maintenance du dimanche 3 mai 2026

Malgré la pluie annoncée, un groupe d’une quinzaine de volontaires est au rendez-vous.

Après quelques bavardages de début de gestion et le partage des infos définitives concernant les prochains relevés des coccinelles, les équipes se forment pour poursuivre les tâches engagées le mois dernier.

Ramassage des déchets triés par Pascal dans quelques sacs.

Assez bien de déchets devant la réserve, le beau temps a déjà attiré quelques visiteurs dans la carrière privée du Rocher Lombot. Nous sommes bien étonnés de voir dans ces déchets des repas quasi complets avec des victuailles non-déballées. Bizarre, bizarre …

Lutte contre les plantes invasives.

Julien se dirige avec un groupe d’une bonne demi-douzaine de participants vers la zone longeant le talus à rue. Julien avait remarqué des buddleias devenus bien grands aux alentours de la grille d’entrée, il fallait les réduire. Ce demi-groupe avec aussi Guillaume et Andrée s’occupe notamment des cotonéasters à l’entrée. D’autres volontaires vont vers les anciens fours à chaux pour couper des buddleias bien tenaces d’année en année.

Installation d’un ponton sur le chemin vicinal

Etienne et Jean-Pierre vont au fond de la réserve pour continuer l’assainissement du sentier vicinal qui remontait avant vers la rue du Grand Escalier. Il faut en effet rendre le passage praticable au niveau d’un écoulement illicite d’eau grise … et même plus que grise. Il faut fixer 3 palettes sur une structure métallique de base, cela après avoir fait une petite tranchée pour diriger ces eaux nauséabondes. Ces travaux nécessitent des transports bien loin grâce au tracteur et à la VW tout terrain d’Etienne.

Lutte contre les Calamagrostis

Pour terminer, un groupe de 3 se concentre sur une plaque de Calamagrostis bien dense proche de la grande roselière. Notre méthode manuelle est assez efficace mais un peu fastidieuse.

On terminera ce job en juin. Restera à faire le point sur cette façon de lutter contre cette graminées vigoureuse. Faudra-il l’étendre à cette première gravière ?

La pluie nous rattrape sans trop entraver l’énergie des bénévoles, quel courage !

Merci pour ces activités poursuivies et rendez-vous le 7 juin pour la dernière gestion avant l’été.

JPC

Matinée de maintenance du dimanche 5 avril 2026

Malgré un dimanche de Pâques, nous nous retrouvons pour cette nouvelle matinée de maintenance à une douzaine sous un ciel grisâtre mais néanmoins au sec.

Après quelques échanges, le travail est rapidement réparti en trois petits groupes.

Une première équipe de 3 volontaires menée par Jean-Pierre se concentre sur une assez grande plaque de Calamogrostis bien dense à proximité de la grande roselière. Il s’agit de tester une technique à un endroit difficile afin d’évaluer s’il sera possible de la transposer à d’autres zones.

L’outillage nécessaire : brouette, râteau, fourche à foin, fourche à dents recourbées, bêche et pioche.

Le plus « dur » sera le pourtour de la station : le réseau de radicelles est bien accroché au sol damé.

Par contre au centre de la zone, les graminées indésirables s’arrachent presque à la main, le sol y est ameubli par l’action des nombreuses racines.

Un bon tiers de la zone est ainsi débarrassé de la plante envahissante, la technique semble envisageable sur cette étendue caillouteuse.

Trois brouettes de plantes seront évacuées vers un proche endroit discret.

A ne pas oublier pour la prochaine fois : des plaques en mousse pour protéger les genoux …

Une autre équipe menée par Guillaume s’attelle à éliminer des pins devenus un peu trop envahissants du côté de l’entrée de la réserve. Les coupes sont transportées vers les grands fours à chaux pour venir étoffer le « barrage » déjà constitué précédemment et destiné à empêcher le passage sur le côté « à préserver » (afin de permettre une nouvelle nichée paisible des faucons crécerelles).

La dernière équipe constituée d’Étienne, de François et de Philippe se dirige avec le tracteur au fond de la réserve dans le roncier afin de poursuivre le dégagement de la servitude débutant théoriquement de la rue des Grands Escaliers (anciennement rue des Hayettes). C’est la partie sur laquelle une équipe de scouts a œuvré dernièrement. Le rejet d’eaux sales montre toujours un flux quasi permanent qui, une fois écoulé dans le roncier (anciennement prairie), ne permet plus pratiquement un passage à pied ou avec le tracteur en raison du bourbier permanent ainsi constitué. Quelques photos illustrent à nouveau le problème.

Après un dégagement plus en amont de cette servitude, on devine plus clairement des rejets. Plusieurs habitations en sont donc à l’origine… Il serait temps que la ville de Charleroi intervienne pour résoudre ce problème d’insalubrité.

Etienne, à l’aide du tracteur, en profite pour « entretenir » l’accès réalisé précédemment dans une partie du roncier.

Comme c’est le dimanche de Pâques, la matinée de maintenance est clôturée vers 12h autour d’un petite collation. Merci à tous les participants et en particulier à Jean-Pierre et Sébastien pour le transport du matériel.

Prochaine séance de maintenance prévue le dimanche 3 mai à 9h30 comme d’habitude.

Jean-Pierre & Philippe